L’étiquetage nutritionnel a rendu les compromis nutritionnels plus explicites. Aujourd’hui, les consommateurs canadiens vont plus loin, cherchant à comprendre comment l’alimentation contribue à leur bien-être à long terme.
Deux tendances dominent cette évolution : la santé digestive et le bien vieillir. Elles traduisent toutes deux un changement plus large, où la santé devient continue, préventive et intégrée aux habitudes quotidiennes.
La santé digestive s’impose comme priorité grand public
L’intérêt pour la santé digestive est désormais bien établi. Soixante-cinq pour cent des Canadiens la considèrent comme très importante, et 29 % la jugent importante.
La compréhension progresse avec l’intérêt. Parmi ceux qui accordent une grande importance à la santé digestive, 30 % affirment bien maîtriser le concept.
Les sources d’information sont révélatrices. Les professionnels de la santé arrivent en tête (51 %), suivis de l’entourage (30 %) et des influenceurs sur les réseaux sociaux (26 %). L’emballage joue un rôle, mais demeure secondaire.
Lorsqu’il est question de passer à l’action, les Canadiens privilégient largement l’alimentation. La moitié estime que les approches basées sur les aliments sont les plus efficaces, contre seulement 8 % qui misent principalement sur les suppléments.

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Un décalage entre les intentions et le comportement en magasin
Les habitudes de consommation mettent en lumière des préférences claires. Les aliments riches en prébiotiques dominent (42 %), suivis des aliments riches en fibres (34 %) et des produits enrichis en fibres ainsi que des collations mieux pour la santé (environ 23 % à 24 %).
Cependant, cette demande ne se traduit pas pleinement dans les performances des produits emballés. La majorité des allégations liées à la digestion et aux fibres affichent des résultats stables ou en déclin, à l’exception de certains segments comme les prébiotiques.
L’analyse par catégorie apporte un éclairage supplémentaire. Dans le marché du yogourt, les ménages qui priorisent la santé digestive sont globalement plus engagés. Ils achètent plus souvent, dépensent davantage et explorent différentes variantes, indépendamment de la présence d’allégations probiotiques.
Ils privilégient aussi des formats plus simples, notamment les yogourts nature, ce qui reflète une préférence pour des options perçues comme plus fonctionnelles et moins transformées.
Par ailleurs, plus de 60 % des Canadiens estiment que l’offre actuelle en produits liés à la santé digestive est suffisante. L’enjeu n’est donc pas l’assortiment, mais la clarté.
Le bien vieillir devient un réflexe quotidien
Le bien vieillir s’impose désormais comme une priorité pour le grand public. Cinquante-huit pour cent des Canadiens le jugent très important, et 35 % le considèrent important.
Cet état d’esprit ne se limite pas aux consommateurs plus âgés. Chez les 55 ans et plus, plus de 63 % lui accordent une grande importance, mais l’intérêt est également marqué chez les clientèles plus jeunes et plus diversifiées.
Le concept se traduit par des comportements concrets. Les Canadiens associent le bien vieillir à l’activité physique, à une alimentation équilibrée et à un sommeil adéquat.
Une intention forte, mais des obstacles persistants
La mise en pratique demeure toutefois un défi. Plus de la moitié des Canadiens mentionnent la gestion du poids (51 %), la régularité de l’exercice (49 %) et la qualité du sommeil (46 %) comme des objectifs difficiles à maintenir.
Le coût constitue également un frein pour 38 % des consommateurs, même parmi les plus motivés.
L’alimentation au cœur de ces transformations
Dans les deux cas, la santé digestive et le bien vieillir reposent largement sur l’alimentation.
Quatre-vingt-seize pour cent des Canadiens reconnaissent l’importance de la nutrition pour vieillir en santé, dont 69 % qui la jugent très importante.
Les habitudes alimentaires reflètent cette conviction. Soixante-dix-sept pour cent consomment régulièrement des légumes verts, 59 % des aliments riches en fibres et 57 % des protéines maigres afin de soutenir leur santé à long terme.
Un signal commercial se dessine également. Les consommateurs engagés dans une démarche de bien vieillir dépensent en moyenne 2 % de plus par visite en magasin.
La simplicité comme levier de différenciation
Dans ces deux domaines, une constante se dégage : les consommateurs ne recherchent pas davantage de choix, mais des choix plus clairs.
En santé digestive, la réussite passe par une simplification du message, axée sur des bénéfices concrets comme la digestion et l’équilibre.
En matière de bien vieillir, la pertinence doit être immédiate, en lien avec des bénéfices tangibles comme l’énergie, la force, le sommeil et le bien-être au quotidien.
Dans les deux cas, les occasions de croissance se situent dans les catégories existantes et les canaux traditionnels. Il ne s’agit pas de créer de nouveaux espaces, mais de redéfinir ceux déjà en place.
L’étiquetage en façade a rendu la santé visible. La santé digestive et le bien vieillir la rendent désormais concrète et actionnable.
